Haïti-Peinture : Quand des jeunes artistes haïtiens profitent du Covid-19

L’île d’Haïti a toujours été une île à part entière pour son génie pictural. La peinture haïtienne est comme une poésie déambulante toute nue, extirpant cette réalité que nous connaissons tous. Cette nudité représente des turnes, un paysage de couleurs bigarrées, des formes inédites, une agriculture optimiste, des abstractions, pour ne citer que ceux-là. Par ailleurs, là où l’ancienne génération tient le flambeau de l’art allumé, la nouvelle, quant à elle, le tient encore plus haut. En effet, dans un contexte marqué par un confinement ou un laisser aller à l’oisiveté, certains en profitent pour se réconcilier avec leur lit, d’autres jeunes, à travers leurs œuvres, sensibilisent la population à garder la prudence pour ne pas attraper le Covid-19, mais aussi continuent à grossir l’actif de leurs archives artistiques.

Frantz-Dy Saint-Martin est né au Cap-Haitien, de son nom d’artiste Frandee Spark (Nèg Kreyon An), en plus de pratiquer la musique, il dessine depuis des années des portraits réalistes au crayon, il travaille aussi le style stencil et a fait des etudes en soins infirmiers. Il est entre autre, infirmier, chanteur RNB et dessinateur.

Imonjowaah Iwoilchilaah ISERAEL, très connu sur son nom d’artiste (Tchilaah), il travaille assidûment pour perfectionner son propre style. Il a déjà réalisé des œuvres réalistes, abstraites et autres. Mais, il utilise majoritairement 3 mediums : la peinture à l’huile, l’acrylique et le crayon. Tchilaah vit à Port-au-Prince. En plus de l’art qu’il pratique comme profession, il étudie actuellement la médecine à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH).

Maest Cadet, son vrai nom est Vertho Cadet, il est peintre, dessinateur réaliste, il réalise aussi des oeuvres figuratives impressionnantes. Demeurant à Cap-Haitien, il étudie la psychologie à l’UEH, niveau L3. Depuis son enfance, il pratique la peinture, comme passion et comme profession, ses œuvres pullulent les réseaux sociaux. Il a déjà participé dans plusieurs expositions réalisées dans le Grand Nord.

Hérold Courtois est grand-goâvien, il pratique un art engagé, ce que le musicien fait avec sa voix, lui, il le fait avec son crayon. Sa peinture traite des sujets variés (la pauvreté, violence, maltraitance, etc.). Il est détenteur d’une formation en photographie. Poussé par son amour pour l’art visuel, il a donc toujours en main soit son crayon ou sa caméra. Voici un dessin réalisé au crayon par Courtois.

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Ces œuvres sont le butin d’une passion gigantesque pour l’art et le travail. À un moment où certains jeunes se plaignent de la pandémie, de la cessation des activités et de la misère qui s’abat sur le pays, eux, ils profitent du moment pour communiquer avec la population, un élan qu’ils espèrent en obenir un feed back positif. C’est d’ailleurs un exemple que tous doivent suivre, même si l’on n’est pas artiste on a tous un champ, un domaine qu’on doit travailler là-dessus. Le message est que nous devons utiliser chaque seconde qui passe non seulement pendant le confinement, mais tous le long de notre vie. La pandémie passera mais la vie continuera avec les mêmes préoccupations quotidiennes.

Qu’à travers ces œuvres d’art, puissions-nous inspirer pour continuer à travailler sur nos talents et surtout utiliser à bon escient notre temps.

Renel ROSENÉ

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