Quand Startup Grind encourage l’entreprenariat féminin à Cap-Haïtien

Dans le but de promouvoir une éducation entrepreneuriale et sensibiliser les jeunes à être le moteur du changement, Startup Grind en partenariat avec Dejenerasyon a organisé ce samedi 22 mai à Cap-Haïtien,  une causerie autour du thème : « Fanm nan biznis », et a profité l’occasion de convier la PDG de la compagnie du rhum Barbancourt, madame Delphine GARDÈRE et madame Urlande ÉTIENNE, la directrice générale de l’institut Sacré-Cœur du Cap-Haïtien. L’idée est de mettre sur scène ces deux femmes comme modèle de réussite dans le monde de l’entreprenariat.

Pendant ces trois dernières décennies, la société haïtienne fait face à une régression économique quasi sans précédente. Elle n’est jamais vue, c’est parce qu’elle a une grande incidence sur tous les secteurs de la vie nationale. Le bilan dressé par des différents indicateurs économiques ou des rapports de plusieurs banques et organisations internationales témoignent cette descente en enfer de l’économie nationale. L’inflation, la montée sans arrêt du taux de chômage, la dévalorisation de la monnaie nationale et autres indices approuvent les rapports fastidieux sur l’économie de la société haïtienne. Face à cette situation économique déplaisante, il est devenu impératif pour les différents secteurs du pays notamment les responsables politiques de soutenir des initiatives entrepreneuriales pouvant redresser la barre. Ces initiatives permettront donc d’augmenter la concurrence sur le marché, la production de la richesse avec la création des startups innovantes et des entreprises locales. Conscient du fait que la jeunesse est un atout dans le développement économique, on met cette dernière au centre de toutes ces initiatives entrepreneuriales.

C’est dans cette perspective, Startup Grind et Dejenerasyon se font montrer comme deux organisations incubatrices pour faire la promotion de l’entreprenariat jeunesse dans le pays notamment dans la ville du Cap-Haïtien. C’est ainsi, ce samedi 22 mai 2021, elles ont offert sur panel deux personnages confirmés dans le monde entrepreneurial, au local de l’auditorium  Oswald Durand à la rue 18 i. Ce panel était constitué par Delphine GARDÈRE, la présidente directrice générale de la compagnie du rhum Barbancourt et par la fondatrice et directrice générale de l’institut Sacré-Cœur du Cap-Haïtien en l’occurrence madame Urlande ÉTIENNE, connue sous le nom de madame DORVIL. Ce panel avait pour modératrice Katie Flore Étienne. C’était une causerie autour du thème « Fanm nan Biznis ». L’idée est de mettre en lumière des personnages connus et ayant du succès dans le monde entrepreneurial pour partager leurs expériences personnelles et motiver les jeunes en particulier les femmes à prendre des initiatives aux bénéfices de leurs communautés. C’est un appel auquel beaucoup de jeunes ont répondu pour être à l’écoute de ces deux femmes expérimentées.

La causerie a commencé par une mise en contexte de Angie Bell et Djounia Saint-Fleurant respectivement responsable de Dejenerasyon et directrice chapitre de Startup Grind à Cap-Haïtien. Ensuite, les panélistes ont été invitées à se présenter à tour de rôle pour lier contact avec le public. Pensez à devenir des entrepreneurs de très tôt, conseilla madame DORVIL aux jeunes. Selon la directrice de l’institut Sacré cœur,  elle aurait passé moins de temps comme employée de téléco, si elle avait eu plutôt l’idée d’entreprise. Elle a avoué à l’auditoire qu’elle a une grande habitude de méditer chaque matin et a un grand amour pour l’écriture. En effet, l’idée de construire cette institution à vocation éducative lui  est venue après avoir écrit sur des bout de papiers en créole « Sim te gen yon lekòl ». Elle s’est fait montrée aussi  fière d’être née en dehors de la commune du Trou-du-Nord. Pour la directrice de l’institut Sacré-Cœur, le fait d’être née en province, cela peut devenir un obstacle pour atteindre ses rêves, par conséquent cela lui a servi comme motivation pour se donner une place dans la société. Enfin, elle dit n’avoir pas ignoré l’inexistence de moyens ou d’assistance financière représentant des obstacles pour démarrer une entreprise en Haïti. À côté de cela, elle exhorte les jeunes à ne pas prendre ces obstacles comme prétexte pour abandonner leurs visions. Selon madame DORVIL, on doit s’inventer des moyens pour pouvoir concrétiser ses idées.

Contrairement à madame DORVIL, la PDG du rhum Barbancourt, à savoir madame GARDÈRE, a hérité de la compagnie rhum Barbancourt après la mort de son père. Pour madame GARDÈRE, retourné en Haïti a été un sacrifice énorme après l’avoir laissé à l’âge de 15 ans. Elle a avoué à l’auditoire que c’est l’amour pour son pays qui lui a poussé à revenir en Haïti. En dépit des troubles politiques, d’un climat de l’insécurité, des problèmes énergétiques, elle décide de revenir dans son pays pour préserver le patrimoine du rhum Barbancourt et participer en même temps dans le progrès économique d’Haïti. Ensuite, elle suscite les jeunes à prendre des initiatives puisqu’ils sont considérés comme le moteur du progrès économique. Tous ce que nous allons entreprendre dans notre communauté resterons comme héritage pour Haïti et au bénéfice de la société, estime madame GARDÈRE. S’investir surtout en Haïti demande de se bien concentrer et avoir une bonne capacité pour prioriser ceux qui sont essentiels, poursuit la PDG de la compagnie du rhum Barbancourt . Enfin, elle a insisté sur l’importance de nous donner l’habitude de transmettre sur papier nos idées pour avoir une bonne compréhension sur ce que nous voulons faire.

L’échange a été très fructueux entre les invitées et un public qui n’a pas su rester indifférent devant les expériences partagées par les invitées. « Fanm nan Biznis », une causerie qui était animée par des témoignages intéressants venant des invitées et une attitude curieuse de la part du public.

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