Discussion autour de « Le problème haïtien » du docteur Edelyn DORISMOND

Un prophète peut bien être honoré dans son pâturage quand sa valeur est éminemment imposable. Si le vieux dicton disait toujours le contraire, en affirmant qu’un prophète n’est jamais honoré dans sa propre patrie, le docteur Edelyn DORISMOND a été pourtant très honoré lors de la vente signature de son ouvrage au Campus Henry Christophe de l’Université d’Etat d’Haïti à Limonade.

Professeur et ancien directeur aux affaires académique du campus, le docteur en philosophie a été le bienvenu ce vendredi 16 Octobre à la bibliothèque dudit campus pour une causerie très animée, suivie d’une vente signature de son ouvrage Le problème haïtien. Essaie sur les racines de la colonialité de l’Etat haïtien. Cette causerie a été organisée pour marquer en beauté le lancement officiel d’une activité dénommée Livre en chanson qui, selon son initiateur Forestal Artial (Le Prince), – ancien étudiant au département de sociologie du Campus et actuel responsable de programmation et d’animation à la bibliothèque du Campus – est dans son acception première un mariage de livre et de divertissement. Il est également un concept récent traduisant le développement de la pensée et de l’imaginaire par le moyen du livre et de divertissement. Il est en outre une activité s’insérant dans une série d’activités baptisée « bibliothèque en couleurs ».

 «Le problème haïtien», pourquoi ce titre au singulier? Ou qu’est ce que le professeur Dorismond appelle le problème haïtien?

Qu’est ce qu’un problème avant tout? C’est un obstacle (étymologiquement). Dans l’approche du docteur Dorismond, le problème n’est pas pensé au niveau physique, mais plutôt au niveau de la pensée.  Face à un bon nombre de constats (insécurité généralisée, manque d’espérance et autres),  le professeur pense qu’il est grand temps de poser la question «Que faire?», plutôt que de passer le temps à comprendre s’il s’agit de malédiction.

Selon le professeur, «Le problème haïtien» est au singulier parce que d’abord les philosophes aiment penser au singulier, car ils sont toujours à la recherche d’un absolu ou d’une pensée pure. Mais c’est aussi le désir de poser le problème autour d’un homme haïtien uni.

« Dans le livre d’Edelyn Dorismond – Le problème haïtien. Essaie sur les racines de la colonialité de l’Etat  haïtien – esquisse une anthropologie philosophique de la société haïtienne à partir d’un problème renvoie à «  l’étonnement que suscite a la conscience critique haïtienne ou étrangère la société haïtiennes dans sa difficile ascension à un régime de rationalité politique susceptible de procéder à une juste redistribution du bien commun, et à la réalisation de soi de chacun des haïtiens. » toute l’articulation du livre tourne autour de cette problématique centrale, qui va servir de ligne directrice pour l’auteur afin de soumettre à une critique radicale des sciences sociales haïtiennes, de la politique, de la société et de la culture.

Un concept central traverse tout l’ouvrage pour rendre compte de cette incapacité à instituer un ordre politique juste et bien ordonné : c’est la colonialité. Elle renvoie à la permanence du fait colonial dans le mode de la gestion politique, de l’organisation de la société. Elle rend difficile une politique de l’émancipation et se traduit dans ce que Dorismond appelle « la politique de la survie de la débandade », comme de nouveaux concepts élaborés par l’auteur pour saisir la logique de la politique et de la societe haïtienne. » (Dr. Glodel Mezilas)

Le problème haïtien est un livre qui pourrait initier un début de prise de conscience générale de l’homme haïtien par rapport à la principale raison de son mal-être. En ce sens, Le Firmin invite le public à se procurer cet ouvrage, disponible à la librairie La pléiade à Port-au-Prince et au Campus Henry Christophe de l’université d’État d’Haïti à Limonade.

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